Micromachins

recherche sur les services décentralisés

 

La recherche Micromachins part d’une campagne de relevés réalisés en Asie pour fonder une réflexion et forger des outils d’action dans les domaines de l’eau, l’énergie et le transport. Taxis miniatures, turbines hydroélectriques familiales, réservoirs d’eau de pluie domestiques, vélos-cuisines, utilisés dans la vie quotidienne des habitants sont autant des preuves vivantes que de petits objets peuvent réaliser de grands objectifs ; écologiques, économiques et sociaux.

Il existe dans les pays d’Asie du Sud une manière de faire par petits morceaux. Entre photos des dispositifs en fonctionnement et dessins de relevés, sont montrées des situations où ces services sont décentralisés ou fragmentés – plusieurs petits au lieu d’un grand – ceci au gré de quatre thèmes : petite énergie, petit transport, petit stock, petite eau.

Les « services décentralisés », ou « décentrales  » forment l’un des nouveaux caractères-types pour observer et agir sur l’environnement contemporain. A partir d’objets et de systèmes relevés dans le monde vernaculaire sud-asiatique, urbain autant que rural, est donné à imaginer comment les services décentralisés sont à même de faire émerger des questions écologiques, sociales, et économiques dans les domaines de l’eau, de l’énergie, du transport des biens et de personnes.
C’est cet horizon de transition, de systèmes centralisés vers des systèmes plus distribués, qu’il s’agit d’illustrer. Ce catalogue d’idées se parcourt comme une boîte à outils. C’est un point de départ pour penser l’urbanisme et l’architecture en dehors des normes et des recettes.

Sans en faire l’apologie, il est suggéré que ces services sont plus flexibles dans leur fonctionnement que des services centralisés ; rendent plus autonomes leurs usagers ; sont meilleur marché car plus légers, sans intermédiaires, ou utilisant des ressources naturelles ; sont parfois les seuls à pouvoir satisfaire le besoin de populations suburbaines.

Il ne s’agit pas toujours d’architecture à proprement parler, mais d’objets plus ou moins petits, appelés à entrer dans de l’architecture, et à la transformer. A ce titre, ces dessins prétendent constituer une bibliothèque « sud-asiatique » pour architectes et urbanistes, à la manière d’un anti-Neufert -ce livre pour architectes qui consigne les dimensions normées des usages -, qui donne leurs dimensions, leur usage – et une petite idée de leur grande intelligence.